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Débuté le 06 février dernier pour durer deux semaines, la campagne électorale a effectivement pris fin hier le 20 février 2020 sur toute l’étendue du territoire national et dans la diaspora. Une campagne électorale qui s’est déroulée sans incident majeur et dont le dernier jour est fait de démonstrations de force de la part de plusieurs partis politiques. Les Togolais sont à quelques heures d’une nouvelle élection présidentielle. Une élection dont le taux de participation est un enjeu historique.
Les partis politiques engagés dans la présidentielle de 2020 ont tous suivant la loi, mis fin à la campagne électorale le jeudi 20 février 2020. Ils ont mené leurs différentes activités jusque tard dans la nuit. Les candidats ont mené leurs activités dans l’essentiel des villes du pays et jusque dans des petits hameaux. Des candidats, à l’exception de quelques-uns, ont pu drainer des foules sur leur passage. Comme cela peut surprendre plus d’un, durant la campagne électorale, les togolais ont manifesté leur intérêt pour le prochain scrutin présidentiel. L’on s’attend alors à un taux de participation bien plus élevé par rapport aux deux dernières élections que le Togo ait connues.
Pas besoin d’être un prophète pour le prédire, l’élection présidentielle du 22 février aura un taux de participation élevée. Les manifestations sur les terrains de campagne ont montré que les candidats ont convaincu leurs militants et sympathisants à aller exercer leur droit de vote le jour du scrutin. Certes, lors des élections présidentielles précédentes, des candidats issus de la classe politique de l’opposition sont souvent interdits d’accès à certaines villes jugées acquises à la cause du parti au pouvoir. Cependant, cette fois-ci, ils ont mené la campagne dans presque toutes les localités du Togo malgré quelques tentatives de perturbation des activités de l’ANC et du MPDD dans la partie septentrionale du pays. Cette ouverture a permis de renouveler l’attachement des togolais aux élections présidentielles.
Un autre facteur qui va certainement jouer sur le taux de participation. Plusieurs partis politiques qui au début avait fustigé le processus électoral en cours et refusent d’y participer, ont dans leur majorité donnée leur consigne de vote. Ils ont exhorté leurs militants et sympathisants à aller exercer leur droit de vote et sur un candidat de leur choix. L’UDS-Togo, les FDR, et des noms Dr Thon, Dr Gnagnon ont donné des consignes de vote allant dans ce sens.
Sans pour autant apporter son soutien à un quelconque candidat, la société civile démocratique a également convié la population à se rendre dans les urnes le 22 février. En plus, ceux qui sont toujours restés dans la logique du boycott ne mènent aucune campagne pour la non-participation au scrutin comme cela pouvait être le cas.
Une chose est certaine, les togolais seront nombreux devant les bureaux de vote dans les prochaines heures.
Le taux pourrait avoisiner les 70%, selon une estimation menée par consultations médias du journal l’Indépendant Express.
Craintes annoncées à la proclamation des résultats
L’atmosphère relativement apaisée de la campagne électorale jusqu’à la tenue de l’élection reste précaire. Au Togo, la proclamation des résultats qui annonce la victoire du candidat au pouvoir, provoque des tensions. Elles sont pour la plupart réprimées dans le sang avec des morts, des blessés et des exilés. Les militants et activistes de l’opposition ont la peur au ventre et commencent à se mettre à l’abri. D’ores et déjà, les forces de l’ordre et de sécurité, les miliciens du pouvoir mènent des opérations de menaces, d’intimidations et d’arrestations nocturnes des jeunes, pour les uns, fidèles à la Dynamique Monseigneur Kpodzro du candidat Agbéyomé Kodjo, mais aussi des jeunes considérés comme cerveaux du mouvement Tigre révolution proche du PNP de Tikpi Atchadam.
D’après des informations provenant du ministère de la Sécurité, 31 personnes ont été interpellées par la police à Davié et dans le quartier Alinka dans la préfecture d’Agoe dans la nuit du 25 au 26 janvier 2020. Selon le ministre de la Sécurité, et de la protection civile, Yark Damehane face à la presse, le groupe scindé à deux s’apprêtait à s’en prendre aux institutions de la République afin de provoquer une insurrection armée. On les présente comme membres du mouvement Tigre Révolution, dirigée par un certain Master Tiger résident en Belgique. Le ministre avait annoncé démanteler tout ce réseau et interpellé tous les suspects avant la proclamation des résultats des élections. Du coup, plusieurs jeunes activistes sont dans la ligne de mire. On apprend des perquisitions nocturnes chez des nommés Moussa Saïbou, Issaka Alassani, Ouro-Djifa Moutawakilou, Tairou Mourane, Koffitsè Libra considérés comme membres influents du mouvement depuis le début du mois.
Beaucoup qui craignent les répressions ont déjà fui le pays, d’autres obligés de vivre en cachette. Situation postélectorale qui risque d’être tendue si on sait que les mêmes causes produiront les mêmes effets. La victoire de Faure Gnassingbé et les violences politiques des contestataires.
Amos DAYISSO
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